MON PAYS NE VEUT PAS SUPPRIMER L’ARME NUCLÉAIRE !

Encore une idée de simple bon sens mais qui est devenue irréalisable pour l’instant, tout à fait utopique bien que tout à fait concrète : il faut dénucléariser le monde. L’arme nucléaire ne devrait plus exister. Les États-Unis, sur Hiroshima et Nagasaki en 1945, ont commis un crime terroriste de masse, qui leur a permis d’imposer la guerre froide. La honte ! Mais la honte est bue, croirait-on.

La situation du monde est bien différente aujourd’hui, les conflits s’atomisent, l’équilibre par la terreur n’a plus de sens ou alors qu’on nous explique !

Et que lis-je dans Médiapart le 5 novembre dernier sous le clavier (plutôt que « sous la plume ») de René Backman : « À l’Onu, la France vote contre un traité d’interdiction des armes nucléaires » ?

Vous avez bien lu ! La presse soi-disant démocratique n’en a pas parlé, mais « l’assemblée générale des nations unis a récemment adopté une résolution — la Résolution L.41 — qui décide l’ouverture en mars 2017 d’une conférence « ayant pour objectif la négociation d’un instrument juridique contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète » ». 123 pays membres, soit 69,4 % des votants, ont approuvé cette résolution, dont le Brésil, l’Irlande ou la Nouvelle-Zélande et 38 ont voté contre, dont la France, les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni et Israël ainsi que la quasi totalité des autres pays membres de l’Otan.

Les pays les plus riches étant en même temps ceux qui composent le conseil de « sécurité » de l’Onu, ont un droit de veto sur les décisions de l’organisation. L’écrasante majorité de la population de la planète qui veut supprimer cette menace coûteuse et horriblement absurde par définition, peuvent aller se rhabiller. Ils n’ont pas le droit de prendre de décision o la majorité, ni même de prévoir d’en parler en conférence !

Et mon pays à moi marche dans la combine ! Et Alice Guitton, ma représentante permanente auprès de la Conférence du désarmement, que je n’ai d’ailleurs pas élue, se permet de dire que « le fait de négocier une prohibition internationale des armes nucléaires ne nous rapprochera aucunement de l’objectif d’un monde exempt d’armes nucléaires ». Là encore, je veux bien qu’on m’explique !

Je me croyais en République, mais ne sais plus de quel régime je suis le sujet.

A force de marcher sur la tête, le sang va finir par nous y monter. Jusqu’à quand allons-nous ainsi accepter d’être traité, au mieux comme des imbéciles, au pire comme des animaux que l’on doit pouvoir exterminer si les dirigeants de la planète le décide, comme en 1945.

Le pire ennemi de l’utopie, c’est la résignation devant l’absurde criminel.

ET SI ON S’ENGAGEAIT DANS LA DÉCOLONISATION ?

C’est difficile de faire autrement, mais je me comporte en colon. Quand j’achète un smartphone, ou un jean pas cher, je me fais le complice des entreprises qui exploitent les mines où meurent des Africains. Je me fais le complice des esclavagistes des usines de confection du sud-est asiatique. Quand j’achète une table de jardin en bois exotique, je me fais le complice de ceux qui chassent les Indiens d’Amazonie. Etc.

Pire, quand un peuple du Moyen-Orient se fait massacrer par sa propre armée, c’est quelquefois avec des avions de chasse que mon président de la République est allé vendre aux dictateurs de la Région !

Et je suis heureux d’habiter dans un des pays « démocratiques » les plus riches de la planète !… Et j’ai déjà voté pour porter au pouvoir des hommes (et des femmes) politiques qui commettent des crimes en mon nom, sans, il est vrai, me demander mon avis sur les détails…

Je ne culpabilise pas outre mesure. Il doit bien rester quelques hommes et femmes de gauche en Israël beaucoup plus gênées que moi encore !

Mais il serait peut-être temps d’imaginer une autre politique étrangère, économique, moins mercantile, moins militaire, moins criminelle et un peu plus solidaire, non ? Ca m’apparaît à moi comme une évidence, mais je n’entend pas grand chose sur le sujet dans tout le tintamarre que font mes contemporains.

Plus facile à dire qu’à faire, sans doute. Mais si, au moins, on commençait à en parler un peu ? Juste un peu ?

POURQUOI LES COMPÉTITIONS SPORTIVES NE SONT-ELLES PAS MIXTES ?

Personne n’en parle ! Qu’est-ce qui empêche de faire jouer les unes contre les autres des équipes de foot, de hand ou de basket mixtes, paritaires ?

Musculairement, elles seraient globalement à égalité si c’est ça le problème. Qu’est-ce qui empêche d’organiser des compétitions de Judo hommes-femmes, à poids égal, évidemment ?

Bon, je concède, pour le rugby ou la boxe, c’est peut-être pas facile, mais pour l’escrime ? Pour le tir à l’arc ? Pour le ski en slalom ? Et pour le relais 4 x 100 mètres, deux hommes et deux femmes dans chaque équipe, ça ne serait pas plus sympathique ? En double au tennis, ou en aviron, pareil ! Pour le vélo, faut vérifier, mais je ne suis pas certain que des femmes, dans le Tour de France, arriveraient systématiquement après les hommes à chaque étape.

Et je demande qu’on vérifie qu’au lancer du marteau les femmes lancent moins loin que les hommes à doses égales d’anabolisants !

La question suivante, c’est pourquoi le sujet est-il absent du débat public, voire carrément tabou ? Ces messieurs auraient-ils peur de perdre, de faire moins bien ?

J’émets une autre hypothèse : Les femmes sont moins enclines à tourner en rond sur une piste juste pour le plaisir d’aller un peu plus vite que leur voisine… ou voisin. Il est vrai que, personnellement, je ne trouve pas ça malin. La compétition, par principe, par éthique, je n’aime pas. Je préfère la coopération. Reste à savoir si les femmes sont naturellement plus coopératives et moins compétitives que les hommes. Pas sûr. C’est peut-être acquis, pas inné.

J’aimerais bien que des chercheurs se penchent sérieusement sur la question, car quand on cherche dans Gougueule, on ne trouve rien…

IL FAUT CESSER D’AIDER LES PAUVRES

Le 24 août, j’ai reçu un mail d’un site marchand qui collecte auprès de ses clients des fournitures scolaires (avec l’aide de la Croix-Rouge en plus !) pour aider les enfants « défavorisés » au moment de la rentrée scolaire. Comme les dames des patrons d’autrefois !

Cela montre que la scolarité n’est pas totalement gratuite. Seul l’enseignement et les locaux dans lesquels il se déroule sont gracieusement offerts aux petits citoyens ; pas les fringues, pas les cahiers, pas les cartables, ni les affaires de sport, ni la cantine le midi, ni les sorties scolaires…

Cela veut dire aussi que si la scolarité était vraiment gratuite pour tous, aucun enfant ne serait plus défavorisé au moment de la rentrée ; il n’y aurait donc pas besoin de leur faire la charité.

Dans le même genre, j’ai appris en juin dans le rapport d’activité 2015 de la Fédération française des banques alimentaires (FFBA) qu’on estime à quatre millions le nombre de personnes ayant recours à l’aide alimentaire. Les Banques alimentaires emploient 476 salariés et plus de 5 750 bénévoles ! Ne serait-il pas plus simple que les nouilles soient gratuites pour tous, ainsi que les sardines, le pain et les haricots verts ?

Plus grave encore, j’ai appris qu’en 2015, 2 000 personnes sont mortes dans la rue et que 30 000 enfants n’avaient pas de toit. Ne faudrait-il pas poser quelques chalets en bois un peu partout, ou au moins des containers aménagés comme on en voit sur les chantiers des opérations immobilières de luxe ?

Il faut cesser d’aider les pauvres. Il faut que la société devienne solidaire, par l’impôt et sa redistribution. C’est la manière la plus évidente d’éradiquer la pauvreté. Tout le monde est d’accord là-dessus, sauf les plus riches, évidemment.

« Quand on a fini d’espérer, disait Sénèque (- 4 à 65 de notre ère), il faut apprendre à vouloir et à faire ».

A mon avis, c’est le moment

DES VACANCES DE RÊVE

Par chance, j’ai pu commencer, vers la deuxième moitié de ma vie, à réaliser des désirs de voyage que je voudrais pouvoir partager.

J’ai vu, à 10 km de chez moi, un éleveur de bœufs qui faisait du cidre et en donnait à ses bêtes en fin d’élevage. Il les massait aussi, comme au Japon. Et lui ne craint pas la crise !

J’ai vu, au bord du Sahara avec un Tunisien, un lac salé et des mirages à l’horizon qui vibraient de chaleur.

J’ai regardé travailler chez lui l’un des derniers fabricants de masques de théâtre balinais, assis en tailleur sur le carrelage de la terrasse de sa petite pagode.

J’ai passé une après-midi avec une famille de paysans turcs dans un petit hameau perdu au milieu des champs jaunes et des bouquets d’arbres verts. Dans la grande salle carrée peinte à la chaux bleue, nous avons bu du lait caillé (burp !) et du thé devant le seul meuble de la pièce, un buffet en bois vernis avec des photos et des objets en plastique doré dans la vitrine.

J’ai dîné tôt dans un troquet new-yorkais et une femme en tailleur et chaussures de tennis, qui buvait au comptoir un verre avec ses collègues à la sortie du bureau est venu s’asseoir en face de moi pour entamer la conversation. Je lui ai raconté la France, ma vie et pendant ce temps-là mon T-bone steak refroidissait.

J’ai pris en stop une collégienne cubaine qui rentrait chez elle 15 km plus loin. Elle était venu à pied le matin et s’endormait dans la voiture pendant le chemin.

Pour moi, les vacances, ça vaut quand on rencontre des humains, des vrais, qu’ils vous surprennent par l’humanité que nous avons en commun et qui s’interrogent sur nos manières de vivre.

Dans mon Utopie, les avions n’usent pas autant de kérosène qu’aujourd’hui et tout le monde peut les prendre pour aller découvrir de temps en temps les humains du monde entier. Voilà un des minima indispensables à une vie digne de ce nom. Nous aurions les moyens de l’offrir à tous.

Bonnes vacances envers et contre tout le reste…