UNE MUTUELLE EST CENSÉE ÊTRE SOLIDAIRE, NON ?

La longue période électorale qui vient de s’achever, me rend à nouveau disponible pour parler de politique à long terme.

Je suis évidemment un militant de la solidarité et donc de l’économie sociale et solidaire, des coopératives, des mutuelles, des associations qui produisent de la richesse sans détourner le fruit du travail des salariés vers les comptes privés des actionnaires. Parfait !

…Théoriquement ! Il se trouve que ma ville est le siège social historique de la Mutuelle Assurance des Travailleurs Mutualistes, la MATMUT, une vraie mutuelle, avec un beau nom, propriété de ses clients et gérée par des sociétaires bénévoles comme il se doit.

Leur façon de se développer commercialement m’avait pourtant mis la puce à l’oreille : nous sommes harcelés depuis des années par deux « comiques », Machin et Laspalès ou quelque chose comme ça, qui nous débitent sur les radios et ailleurs, des âneries du genre, « Ah ! mais oui, la Matmut elle assure ! ». Une campagne désagréable, qui prend le consommateur pour un imbécile et qui réussit cependant à développer le chiffre d’affaire de l’entreprise en question. Elle vient de doubler ou de tripler la surface de son siège social à Rouen, elle sponsorise les actions culturelles et immobilières de la Ville comme autrefois le châtelain aidait la petite commune à faire la fête une fois par an. Que reste-t-il de solidaire là-dedans, je me le demande…

Et voilà que j’apprends en juin dernier que Valérie Fourneyron, ex-députée PS de Seine-Maritime et secrétaire d’État de Manuel Valls est membre du conseil d’administration de la « Mutuelle »  en qualité d’experte (experte en quoi, ce n’est pas précisé) et qu’à ce titre elle perçoit une rémunération d’un millier d’euros par mois… Et pour parfaire le tout, on apprend que le PDG, Daniel Havis se vante dans les journaux de gagner 450 000 euros par an, autant que si la MATMUT était une entreprise du CAC 40.

Alors, je vérifie ce que dit la loi dans le statut de l’élu mutualiste : « Les fonctions d’administrateur sont gratuites. Cependant, lorsque l’importance de l’organisme le nécessite [???], l’assemblée générale peut décider d’allouer une indemnité au président du conseil d’administration ou à des administrateurs auxquels des attributions permanentes ont été confiées et qui, pour l’exercice de leurs fonctions, doivent cesser tout ou partie de leur activité professionnelle. Les cas et conditions de cette indemnisation, sont définis par le  décret no 2004-132 du 10 février 2004 (JO 12 févr.) ».

Autrement dit, les militants responsables de l’ESS, y compris ceux qui se disent de gauche, nous enfument sur les valeurs qu’ils proclament et sur lesquelles ils peuvent s’asseoir comme ils le veulent par décret.

L’utopie, ce n’est plus de réformer ce système qui nous arnaque, c’est de le changer, ça saute aux yeux.

6 réflexions sur “ UNE MUTUELLE EST CENSÉE ÊTRE SOLIDAIRE, NON ? ”

  1. Mon cher Jean-Luc,

    A mon humble avis, l’utopie dont tu parles ne fera pas l’économie de la socialisation de l’ensemble du secteur financier dont les assurances. avec les banques font parti. Selon moi, socialiser le secteur financier ne consiste pas seulement à développer un pôle bancaire public. Il s’agit de décréter un monopole public sur le secteur financier, à savoir les banques et les sociétés d’assurance. Une socialisation du secteur financier sous contrôle citoyen. C’est-à-dire transformer le secteur financier en service public véritable.

    1. La question, au final, c’est de savoir si la socialisation de l’économie doit être sous monopole étatique ou bien si le contrôle citoyen (contribuable ou consommateur) doit pouvoir s’exercer aussi sur des mutuelles et des coopératives privées.
      La question encore plus concrète étant de savoir quand on aura l’occasion d’en débattre… Dans un Parlement par exemple. Le débat aujourd’hui portant sur la question de savoir s’il faut encore un Code du travail ou pas…

  2. bonjour Jean Luc
    j’ajouterais : quand ces administrateurs, ne sont pas des personnes solidaires …. pour le cumul des revenus financiers toujours plus importants pour eux quand le nombre de ceux qui ne peuvent plus accéder aux soins augmente.
    Amitiés

  3. L’an passé, dans le cadre des mutuelles obligatoires d’entreprises, nous avons été submergés par le flot publicitaire des mutuelles. Il existerait 500 mutuelles selon Mutuelle Santé Info:
    http://mutuelle-sante-info.fr/marche-des-mutuelles-sante-en-france/
    C’est dire le fric que ça rapporte!!! On comprend que Fillon se soit intéressé aux mutuelles. Là où on peut gagner de fric y a Fillon.
    Y a l’trou de Sécu mais y a pas l’trou des mutuelles. Et dites voir mon bon Monsieur, c’est ti pas lui, Fillon, qui voulait voulait casser la Sécu aux primaires de la droite l’an passé?
    Et puis yaurait-ti pas un minitre Macron qu’aurait bidouillé du côté des mutuelles? Un certain Richard Ferrand?
    Ecoutez la sagesse du président Macron: »y a des gens qui réussissent et y a des gens qui sont rien ».
    Allez les sans dents et les sont rien. Allez les damnés de terre, debout!!!
    Le monde va changer de base,
    Nous ne sommes rien, soyons tout.
    François PALMNTIER

    1. IL y a deux types de mutuelles, celle qui relèvent du code de la mutualité et celles qui relèvent du code des assurances. Ces dernières n’interviennent jamais dans ce que les travailleurs sociaux et d’autres appellent « l’extra-légal », en gros les sous qui sont mis dans une caisse d’action sociale pour aider un peu plus ceux qui ont moins. Je ne sais plus de quelle époque date cette supercherie de « nomination » mais c’est très réussi…
      De toutes façons, la solution on la connait : la Sécurité sociale pour tous à 100% et la fin des mutuelles plus ou moins honnêtes !

  4. Bonjour Jean-Luc,

    Je ne défendrais, ni n’attaquerais plus la Matmut, puisque c’est d’elle dont tu parles principalement.
    Je souhaite juste rappeler une chose : malgré tout, les mutuelles d’assurances et les mutuelles santé restent des organismes avec une organisation démocratique (Plus ou moins poussée, plus ou moins rigide, plus ou moins libre,…).
    L’assemblée générale vote les indemnités des administrateurs au titre de leur mandat (celui que tu rappelles « gratuites »). Ce qu’il faut, c’est que les assemblées jouent leur rôle et pour cela, que les sociétaires (re)prennent le pouvoir. Même si il y aura des difficultés à revenir en arrière sur ce genre de pratiques (totalement) généralisées, il faut remettre les choses dans le bon ordre.

    A bientôt peut-être ;-)

    Un administrateur de mutuelle d’assurance

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