IL FAUT CESSER D’AIDER LES PAUVRES

Le 24 août, j’ai reçu un mail d’un site marchand qui collecte auprès de ses clients des fournitures scolaires (avec l’aide de la Croix-Rouge en plus !) pour aider les enfants « défavorisés » au moment de la rentrée scolaire. Comme les dames des patrons d’autrefois !

Cela montre que la scolarité n’est pas totalement gratuite. Seul l’enseignement et les locaux dans lesquels il se déroule sont gracieusement offerts aux petits citoyens ; pas les fringues, pas les cahiers, pas les cartables, ni les affaires de sport, ni la cantine le midi, ni les sorties scolaires…

Cela veut dire aussi que si la scolarité était vraiment gratuite pour tous, aucun enfant ne serait plus défavorisé au moment de la rentrée ; il n’y aurait donc pas besoin de leur faire la charité.

Dans le même genre, j’ai appris en juin dans le rapport d’activité 2015 de la Fédération française des banques alimentaires (FFBA) qu’on estime à quatre millions le nombre de personnes ayant recours à l’aide alimentaire. Les Banques alimentaires emploient 476 salariés et plus de 5 750 bénévoles ! Ne serait-il pas plus simple que les nouilles soient gratuites pour tous, ainsi que les sardines, le pain et les haricots verts ?

Plus grave encore, j’ai appris qu’en 2015, 2 000 personnes sont mortes dans la rue et que 30 000 enfants n’avaient pas de toit. Ne faudrait-il pas poser quelques chalets en bois un peu partout, ou au moins des containers aménagés comme on en voit sur les chantiers des opérations immobilières de luxe ?

Il faut cesser d’aider les pauvres. Il faut que la société devienne solidaire, par l’impôt et sa redistribution. C’est la manière la plus évidente d’éradiquer la pauvreté. Tout le monde est d’accord là-dessus, sauf les plus riches, évidemment.

« Quand on a fini d’espérer, disait Sénèque (- 4 à 65 de notre ère), il faut apprendre à vouloir et à faire ».

A mon avis, c’est le moment

4 réflexions sur “ IL FAUT CESSER D’AIDER LES PAUVRES ”

  1. Tout à fait d’accord sur le principe, mais attention, la gratuité déresponsabilise… en 1992, lors d’un passage dans l’est de l’Allemagne réunifiée, on m’a dit que le pain vendu à bas prix jusqu’à la réunification avait été gaspillé et utilisé comme nourriture pour les animaux.
    Je pense qu’une allocation universelle type « revenu de base »
    est beaucoup plus libératrice et responsabilisante… il peut y avoir des exceptions…. certains transports en communs ???

    1. Allez, donner du pain aux animaux, ça mange pas de pain!
      On pourrait faire une exception non? Enfin, on ne peut pas dire que les petites et les grosses bêtes allemandes mangeaient le pain des Allemands.
      A propos de gratuité:
      Il faut demander aux « citoyens » de l’ex Allemagne de l’Est quel était le prix de la liberté? Avec la STASI la liberté de conscience était très coûteuse. Quel était le prix d’une dénonciation? Par exemple tu pouvais gagner des points pour avoir le droit de partir en vacances en même temps et au même endroit avec ta famille, et gratuitement. Je suis certain que bien des Allemands dorment très mal la nuit. Des nuits qui sont, n’en doutons pas, plus longues qu’un jour sans pain.
      Mais tu as raison, gratuité et responsabilité doit alimenter une réflexion politique et philosophique.
      Pour bien me garder de devenir sérieux, je propose que le prochain sujet du BAC soit le suivant:
      « Si les animaux sont aussi salauds que les pauvres, où va-t-on? »
      Développez et argumentez d’exemples bien nourris!
      François

      ,

  2. La solidarité, sous forme de partage de ce que l’on possède, ne me semble pas contraire à un combat pour une solidarité plus officielle.
    Cette dernière n’étant pas forcément synonyme de gratuité des services, mais de garantie de possibilité d’accès à ces services pour tous. (Revenu solidaire, maîtrise des fournitures exigées pour la scolarité, lutte contre les inégalités sociales…)
    De plus ne pas confondre, cette forme de solidarité, qui par ailleurs pourrait inciter à recycler les biens consommés dont nous n’aurions plus l’utilsation, avec celle du paternalisme ou des “dames patronnesses dont le but inavoué était de créer un lien de subordination.

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