C’EST QUI, C’EST QUOI UNE ENTREPRISE ?

J’ai reçu il y a quelques jours une invitation à un colloque dont le nom tient en deux lignes. La première : « (re) construire les parcours de formation professionnelle »… je n’ai rien contre. Une formation professionnelle se mène tout au long de sa vie, y compris et en particulier dans la pratique quotidienne même si elle n’est pas estampillée « moment de formation ».

La deuxième ligne me pose davantage question, qui dit « …au plus près des besoins des entreprises ». Une entreprise, en soi, n’a pas besoin de formation. Ses producteurs, ouvriers ou employés, sans doute ; ses propriétaires et hauts dirigeants aussi, quoiqu’ils disent, mais la formation professionnelle ne semble pas leur être destinée…

Or, qui animait ce colloque auquel j’étais invité ? Louis Gallois, qui a participé à mettre le superbe service public de chemin de fer français dans l’état où il se trouve aujourd’hui. Et parmi les autres intervenants, des « spécialistes », mais aucun représentant syndical, ni d’association de professionnels, aucun élu dans un Comité d’Entreprise — est-ce que ça existe encore, les CE, on se le demande, même —.

Cela pose donc la question de savoir « qui » est une entreprise. Un propriétaire de machines ou de bureau, ou bien ceux qui travaillent ? Et le souci, c’est que le propriétaire, lui, n’a pas besoin de formation. Quelquefois même, il n’a plus besoin de salariés !

Évidemment, si c’est le collectif des producteurs, gestionnaires, et commerciaux qui est propriétaire, ça change tout. À plusieurs, tous compétents, on est plus intelligent que tout seul, et alors, seules déposeraient le bilan les entreprises qui fabriquent des objets inutiles ou rendent des services inadéquats. Question de formation.

L’utopie, je me rends bien compte, consiste en fait à rappeler des évidences…

Une réflexion sur “ C’EST QUI, C’EST QUOI UNE ENTREPRISE ? ”

  1. j’ai apprécié votre questionnement sur l’entreprise. En effet, y en a vraiment ras le bol d’entendre tous ces businessmen, « experts » politiques, journalistes ignorants mais attachés à la culture du capitalisme financier, déblatérer au nom de « l’entreprise, les entrepreneurs, la rentabilité… »sans aucun égard vis à vis de tous ceux qui font tourner les entreprises et enrichissent les patrons par leur travail.
    Pourtant, les nouvelles idées, les créations, les initiatives, les propositions afflueraient de toutes parts si la parole et le pouvoir étaient donnés aux salariés.
    Mais hélas, nombreux sont les cadres qui pensent encore que sans les patrons rien ne va plus. Ils sont piquousés par les monarques dirigeant leur entreprise, qui en sont les principaux parasites. Ils se croient incapables de diriger eux-mêmes quand ils lisent les journaux d’entreprise, les compte rendu des conférences au sommet, des déplacements internationaux de leur patron, leurs accointances avec les banques et les politiciens, etc…
    Il suffirait de prendre les bonnes décisions législatives nationales pour rendre obligatoire la participation des salariés à tous les niveaux de gestion, de direction et de production dans leur entreprise. Alors, la libre expression des salariés serait salutaire pour l’emploi, la formation, l’économie et… les entreprises.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>