BONNE VIANDE OU BIDOCHE ?

Premier billet depuis septembre. Six mois ! Je vous dois une explication. L’utopie, pour moi, c’est un objectif, pas un espoir. Sauf que dans le contexte politique actuel, c’est en train de devenir un doux rêve, un peu naïf, voire carrément imbécile… Alors, on se dit : « à quoi bon, que mes contemporains se débrouillent donc ; ils n’ont qu’à réagir ». Sauf que, je le sais, pour ceux qui me lisent, tout va à peu près bien ; alors que les vraies victimes de notre système inégalitaire sont dans une telle galère, qu’ils n’ont ni l’envie, ni les moyens de se battre contre les vautours, de lire Médiapart, Là-bas si j’y suis, Basta !, le media.tv ou… Jean-Luc Varin ! Je décide donc de continuer à partager ma colère en espérant qu’elle sera contagieuse. C’est une bonne maladie, comme disait ma grand-mère à propos de l’appétit.

Tiens ! Justement, on a bien le droit de ne pas manger de viande. Mais je supporte mal qu’un militant d’un genre nouveau vienne me faire la leçon et tente de me « libérer » de la consommation de viande animale. Il ne s’agit pas d’être cruel gratuitement, mais nous ne sommes pas les seuls animaux prédateurs sur terre, loin de là ! Vouloir que l’on traite les animaux comme des humains pourrait nous conduire à accepter qu’on traite les humains aussi bien que les animaux et ça me fait très très peur ! L’humanisme et les droits humains ont un sens, un sens radicalement différent du respect du vivant. Faut pas confondre !

D’ailleurs, je défends bec et ongles la Confédération paysanne, seul syndicat agricole ayant une vision juste du métier et de l’avenir de notre planète. Et ces paysans-là sont minoritaires dans la profession, souvent précaires et carrément marginalisés par les « grands » de l’agro-business et des medias. Et ils défendent « l’élevage et la viande bovine de qualité » pour citer le titre de l’article de leur dernier magazine Campagnes solidaires, p. 11 *. Ils défendent un élevage artisanal de proximité contre une industrie internationale de production industrielle de mauvaise bidoche aux antibiotiques dont les accords de libre échange voudraient nous gaver en cassant les prix. Il s’agit bien d’un système contre un autre.

L’utopie aujourd’hui, ce n’est pas la généralisation du régime végétarien, mais la généralisation d’une alimentation de qualité, « bonne, propre et juste », comme dit Slow-Food, en circuits courts et l’augmentation des salaires pour que chacun puisse en profiter. Bon appétit.

* http://confederationpaysanne.fr

4 réflexions sur “ BONNE VIANDE OU BIDOCHE ? ”

  1. Bonjour *

    Je ne sais pas pourquoi j’ai reçu un lien vers votre texte.

    On nous rappelle qu’il est fortement conseiller de transformer, … « mouliner », … la haine et ou la colère, … avant de s’exprimer, avant de représenter son expression, avant de débattre … que ça facilite la digestion pour tout le monde. Ceci dit il est vrai que les positionnements agressifs de végétariens, végétaliens (…) servent moins facilement la cause pacifiste.

    Je poursuis le débat. …. SVP *

    Vous écrivez « bonne viande ou bidoche ». Votre titre … pourrait agresser … les sens de végétariens face auxquels vous cherchez à vous situer.

    Vous écrivez « nous ne sommes pas les seuls animaux prédateurs sur terre, loin de là ! « . Certes mais il faut alors différencier la prédation «  » »naturelle » » » de type chasse-pêche sauvage de la prédation de type élevage.

    Vous écrivez : « Vouloir que l’on traite les animaux comme des humains pourrait nous conduire à accepter qu’on traite les humains aussi bien que les animaux et ça me fait très très peur !  » Il est bon de s’apercevoir que les humains 1. se considèrent souvent «  » »comme supérieurs » » » et considèrent les autres espèces comme «  » »inférieures » » » et 2. se permettent d’agresser … de violer … de « maltraiter » (pour prolonger votre sémantique) toujours et encore …. l’air, la terre, l’eau … les êtres sauvages minéraux, végétaux et animaux sauvages, de compagnie et d’élevage. Aussi des questions pourraient se poser ? Un élevage animal n’est-il pas pire qu’un camp de concentration car … qu’on s’auto-détruise entre humains est une chose mais qu’on détruise des êtres innocents en est une autre ? Est-ce que d’anciens détenus de camps de concentration (…) sont devenus végétaliens ? Est-ce que beaucoup d’humains connaissent concrètement les réalités de l’élevage ? Est-ce que beaucoup d’humains ont des repères philosophiques de qualité pour construire des modèles d’identités individuelles, humaine ou d’être vivant et pour construire des modèles de systèmes paisibles ? Et enfin … l’humain n’aurait-t-il pas très fortement tendance à jouer … encore plus terriblement … aux dominants et aux dominés … plutôt qu’à jouer aux chercheurs de libertés ?

    Les réalités font peur et c’est le seul point sur lequel je suis d’accord avec vous.

    Vous écrivez : « L’humanisme et les droits humains ont un sens, un sens radicalement différent du respect du vivant. Faut pas confondre ! » Est-ce que beaucoup d’humains sont à jour dans leurs formations initiales et continues pour apprendre à construire du savoir … par et pour la paix de tous … pour leurs enfants certes … mais peut-être surtout et avant tout pour la paix des êtres sages et sauvages ? On dit que savoir respecter c’est savoir pro-poser et reposer « harmonieusement » les formes … dans la tête et dans les règles … et ça s’apprend.

    Moi face à la terrible tendance ogresque de l’humanité … qui serait aussi responsable de peut-être presque un quart du réchauffement climatique … je prends très clairement le partie des pingouins.

    On dit que la Révolution est dans notre assiette … de Terre et de Ciel … de Nature et de Culture … *

    BONNE SANTE A TOUS … *

  2. Merci Jean-Luc je partage beaucoup de tes réflexions je ne baisserai pas les bras mème si tout ne vas pas bien. Si ceux qui ont encore la chance de lire et de réfléchir se recroquevillent..alors En Marche à un boulevard ….
    « On a espèré le grand soir ..Bonsoir à nous d’inventer les petits matins mutins pas chagrins du tout, dans la rue cà y est c’est grand jour ..Bonjour  » texte de Remo .Garry
    .

  3. Cher Monsieur Varin,

    Je vous réponds pour donner sens à votre humanité. Mais j’aimerais vous dire que c’est les positions comme les vôtres qui sont à l’origine de l’inégalité.

    Je vous ai souvent lu parce que nous sommes évidemment d’accord sur le constat.

    Je vous ai souvent évité parce que vous n’êtes pas représentatif de la solution, mais du problème.

    Je sais, c’est contre-intuitif, ça se comprend.

    Je vais tenter d’imager ma position en relevant l’une de vos réflexions. Je ne suis pas, à titre personnel, végétarien et donc encore végétalien. Et si les végétaliens sont les extrémistes du végétarismes, les végans sont la dérive sectaire du végétalisme. Il n’en reste pas moins, voyez-vous, que l’inégalité, c’est de la violence. Et de ne pas considérer les animaux en leur accordant le même traitement qu’aux humains, parce qu’ils souffrent pareillement, c’est la banalisation de cette violence, qui par extension se propage à l’humain par insensibilisation.

    En vérité, il y a une grosse nuance entre « traiter l’animal comme l’humain », alors que nous le consommons et la réalité de ce que subissent les animaux de notre fait et dont votre propos lui-même prouve la banalité de cette violence. Vous êtes l’arme de votre propre bourreau (ou le contraire) qui sert à violenter les autres. Et c’est ce cercle qu’il faut briser.

    Un abatteur dans un abattoir qui égorge à la chaîne des agneaux ferait pareil avec n’importe quel être vivant, ne vous y trompez pas. Et l’abstraction dont il doit faire preuve pour être capable de le faire le met dans une position qui fait que le soir ce n’est pas la peine de geindre sur quoi que ce soit, il a ses propres défenses à reconstruire pour recommencer demain. Et dimanche il prendra sur lui pour banaliser son action, dans un splendide jet de biais cognitif piquant, et organisera un barbecue avec les bêtes qu’il a lui-même massacré à la chaîne.

    Cet individu, ce n’est pas de tuer qui le gêne. De tuer ce que nous consommons est normal, nous l’avons dans nos gènes. J’ai personnellement tué je ne sais combien de bêtes dans ma vie, à commencer par ma petite perruche adorée qui a tenté de se suicider dans sa cage après la mort de sa compagne lorsque j’avais 11 ans et que j’ai retrouvée vivante, la nuque brisée et que j’ai dû prendre sur moi pour l’achever. Heureusement, à cet âge j’avais déjà enlevé la tête de bon nombre de poulets anonymes que ma tante élevait avec la délicatesse qui la caractérisait.

    Il s’agit donc purement de cognition, d’un syndrome cognitif du biais de confirmation : je pense donc je suis, je pense humainement donc je suis Juste.

    Mais non, vous n’êtes pas Juste Monsieur Varin, vous êtes compassionnel. On ne peut même pas dire empathique, puisque l’empathie dont vous faites preuve envers les riches et envers les animaux dans votre écrit, aussi bien les uns que les autres s’en passeraient bien.

    Ce n’est pas agressif de ma part, bien au contraire, vous êtes de ceux que l’on aimerait avoir avec soi. Mais pour cela, encore faudrait-il parvenir à vous faire comprendre que les animaux comme les riches font partie de la société et sont à ce titre dans leurs droits dans leurs agissements.

    Tout comme il est croyance que de penser que de ne pas traiter les animaux comme les humains permettra de mieux penser aux humains, alors que c’est l’exact contraire, il est également croyance que de penser que de prendre aux riches pour donner aux pauvres diminuera l’inégalité.

    Désenrichir les riches, c’est de la jalousie. Enrichir les pauvres, c’est de la politique. La richesse ne se partage pas, elle se crée.

    J’ai écris il y a déjà quelques temps un article qui explique qui est ce fameux « 1% » dont tout le monde parle. Ce 1% n’est pas partout le même, il relève du pouvoir d’achat, variable d’un pays à l’autre, selon la valeur de la monnaie. Mais celui qui gagne, en France, 25’000€ nets par an en fait partie. Bien sûr, c’est pas mal, si tout le monde avait ça nous serions les rois du monde, mais ce n’est quand même pas le pérou.

    On y apprend que si on confisquait la fortune des 62 personnes les plus riches du monde, qui possèdent autant que la moitié la plus pauvre du monde, et que l’on redistribue cette richesse à tous, ça ferait 475$/personne. Pas par mois ou par an. Non, 475$ et c’est tout. Même dans un pays où les salaires des ouvriers sont de 30$, ça ne lui changerait pas la vie pour autant. Par contre nous aurions 62 pauvres de plus et 62 hyper-riches de moins à qui écrire quand on a un super projet délirant qui coûterait des milliards comme le font certains visionnaires. On y apprend aussi que si on prenait le patrimoine du 1% et qu’on le redistribue, ça fait moins de 1000$, toujours pas de quoi changer le monde. Il est là si vous voulez le lire : http://lemondeenchantier.com/blog/le-1-detient-99-de-la-richesse/

    Non, l’inégalité provient de votre manière d’appréhender les choses, de votre biais cognitif, très commun dans la société. Les riches sont dans leur droit. Une fois ceci admis, on peut alors admettre que les miséreux soient dans leur droit de ne pas l’être.

    Et ce qui est à l’origine, la cause même de l’inégalité et de l’impossibilité de s’en extraire, c’est le travail. On ne peut pas travailler et gagner de l’argent, c’est l’un ou l’autre, pas les deux, on a pas le temps. Travailler, c’est s’occuper des affaires de celui à qui on a confié les nôtres pour qu’il puisse librement en disposer pendant que l’on s’occupe à celles qu’il a bien voulu nous confier. Travailler alors qu’une machine pourrait faire le travail à notre place, mieux et plus vite, c’est de l’esclavage. Le travail ne rapportera jamais de quoi s’épanouir, par définition, il rapporte de quoi être là demain, la semaine prochaine, le mois suivant, pas plus. Et lorsque c’est plus, ce n’est pas beaucoup plus et ce pas beaucoup plus partira dans de petits plaisirs simples et superflus mais utiles à se faire croire qu’on est moins inégal que les autres.

    Regardez les cryptomonnaies, considérées par les pauvres, ceux qui vivent l’inégalité, comme une alternative aux banques. Un moyen d’accéder à la spéculation avec leurs petits moyens. Ils ont acheté pour 100 balles de Bitcoin qu’ils ont revendus pour 500’000 et les voilà : « je me suis gavé », « tant pis pour ceux qui ne l’ont pas fait »… puis vient l’Etat, qui veut les taxer, ces gens qui ont gagné des millions sans rien foutre, à hauteur de 60% dans certains cas et voilà qu’arrivent les astuces pour fuir l’impôt, à Hong-Kong ou en Oklahoma. Des sociétés se créent pour agir en prête-nom, ce sont elles qui achètent vos cryptos, elles qui les revendent et ensuite elles vous versent discrétos votre argent sur un compte qu’elles ont ouvert à votre nom dans un paradis fiscal auquel vous accéderez par une carte bancaire que vous recevrez par la Poste.

    Les gens que vous défendez, Monsieur Varin, les pauvres, sont des pourritures cupides. Au fond d’eux ils savent malgré tout que les banques servent à émettre du crédit, qui lui seul réduit aujourd’hui l’inégalité alors que leurs spéculations personnelles détruisent de la richesse et n’en créent pas. Lorsqu’une banque encaisse des intérêts, elle les encaisse sur de la richesse qu’elle a permis de créer. Lorsqu’un pauvre s’enrichit avec du Bitcoin, c’est sur de l’argent qu’un autre pauvre a perdu et qu’il avait durement gagné avec le système que vous défendez.

    Que vaut la valeur travail aujourd’hui ? Que vaut un travail que peut faire une machine ? Plus exactement, que vaut un humain qui fait le travail d’une machine ?

    Aujourd’hui, un travailleur est un parasite qui vit aux crochets de l’organisme qui le salarie en prenant la place d’un robot plus efficient que lui au lieu de se rendre utile à l’économie.

    Vous avez un exutoire avec votre blog, sur lequel vous exprimez votre humanité. Mais à force de tirer vers le ciel, vous n’abatterez jamais le gibier dans le champ devant vous que vous ciblez.

    Et c’est dommage, croyez-le.

    http://thierrycurty.fr/transition-societale-ineluctable-souhaitable-necessaire/

    Amicalement…

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