Il y a de grands projets inutiles

En avril dernier, au Forum Social Mondial de Tunis, se sont réunis des associations et des mouvements qui se battent contre les Grands projets Inutiles.

Je trouve cette notion de « Grand projet inutile » fort judicieuse. Concrètement, ce sont le barrage des Trois Gorges en Chine, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes en France, ou l’élargissement du canal de Suez en Egypte, qui ne répondent pas à l’intérêt général mais à l’intérêt des groupes industriels et financiers multinationaux qui semblent avoir pris le pouvoir sur l’ensemble du globe. Ce productivisme insensé épuise la planète encore un peu plus vite et comme le dit la Charte signée à Tunis : « Ces projets constituent pour les territoires concernés un désastre écologique, socio-économique et humain. Ils n’intègrent jamais la participation effective de la population à la prise des décisions et ils traitent avec mépris, voire avec violence, les citoyens quand ceux-ci se permettent de manifester leur désaccord. La priorité octroyée aux grands équipements se fait au détriment des besoins locaux. Ces projets s’inscrivent dans une logique de concurrence exacerbée entre les territoires  et impliquent une fuite en avant vers toujours  «plus grand, plus vite, plus coûteux, plus centralisateur ». Ces Grands Projets Inutiles Imposés sont un des instruments qui garantissent des profits exorbitants aux grands groupes industriels et financiers, civils et militaires, la réalisation de ces projets inutiles, toujours à charge des budgets publics, produit une énorme dette, ne génère aucune reprise économique, concentre la richesse et appauvrit les sociétés. Et ils permettent au capital prédateur d’augmenter sa domination sur la planète, portant ainsi  des atteintes irréversibles à l’environnement et au bien-être des peuples. Ce sont ces mêmes mécanismes qui endettent les Pays les plus pauvres depuis la fin de la colonisation directe et qui sont maintenant utilisés dans les Pays occidentaux. »

Cette vision nouvelle de jeunes militants internationaux (et pas seulement des pays les plus riches) rassure un peu,

Les grand groupes de presse, financés par la pub de ceux qui construisent les barrages et les aéroports, n’en parlent pas, évidemment. Au contraire : l’été dernier, Le Monde a publié un reportage favorable à l’exploitation des gaz de schiste aux Etats-Unis, en « oubliant » de préciser que son envoyé spécial était invité aux frais de… Total et de son partenaire américain…