BÂTIR DES ESPACES DÉMOCRATIQUES DE PRODUCTION ET DE VIE SOCIALE

Je comprends qu’on puisse être désespéré, même en France, aujourd’hui. 7 millions de nos contemporains, c’est une masse énorme, ne savent pas comment ils vont finir le mois ; ils sont de plus en plus nombreux à devoir demander une aide alimentaire ; des écoliers n’ont jamais vu leurs parents travailler qui pourtant ne sont pas rentiers. Des familles entières, femmes et enfants compris dorment dans la rue toute l’année.

Pendant ce temps, les banques vont très bien, les multinationales distribuent des dividendes par millions d’euros, les inégalités de revenus se sont creusées de façon vertigineuse et nos gouvernements nous disent qu’ils n’y peuvent rien.

La démocratie est réduite à quelques rituels périodiques de consultation dont il n’est même plus obligatoire de tenir compte. Quelques citoyens vont voter et les « dirigeants », politiques ou des grandes entreprises, s’arrangent entre eux pour faire « ce qu’il faut ».

Certains ont décidé que quitter cette société-là pour construire des alternatives, les uns dans des squats, d’autres sur un lopin de terre, pour y vivre ensemble, dans l’harmonie, la sobriété, le dialogue avec la nature et l’univers. Ceux-là sont marginaux, pauvres et contents de l’être. Utopistes ? peut-être.

Mais ce n’est pas une solution pour les 7 millions d’habitants (français ou pas) marginalisés par un système qui leur pompe la richesse produite par leur travail et la joie de vivre dans la 5e puissance économique mondiale.

L’utopie aujourd’hui, si l’on veut être pragmatique, c’est de bâtir des espaces démocratiques de production et de vie sociale qui permettent à tout un chacun de reprendre la main sur son présent et son avenir.

C’est exactement ce que nous allons chercher avec SolidaiR.tv, « la web tv des bâtisseurs d’un monde plus humain » : des salariés qui reprennent en coopérative leur entreprise abandonnée par un fond de pension ; des communes qui deviennent à 100% autonomes en énergie et tout en régie publique ; des agglos qui décrètent la gratuité des transports ou des pompes funèbres ; des services publics qui se montent entièrement en filière locale du bois ou de la restauration collective dans des entreprises ou même le client a le droit de vote ; des paysans qui transforment leurs produits, les vendent directement près de chez eux et qui en vivent très bien !

Tous ceux-là prouvent que le système du chef-qu’on-ne-connaît-pas-mais-qui-peut-vous-foutre-à-la-porte-du-jour-au-lendemain est contestable, contesté et qu’il peut être concrètement remplacé ; que l’utopie est possible maintenant, grâce aux collectivités locales et aux entreprises solidaires.

Bientôt, sur www.solidair.tv, ils vous diront comment ils ont fait pour commencer à bâtir un monde radicalement nouveau.

2 réflexions sur “ BÂTIR DES ESPACES DÉMOCRATIQUES DE PRODUCTION ET DE VIE SOCIALE ”

  1. J’apprécie hautement que tu commences ton billet par « je comprends qu’on puisse être désespéré ». Être désespéré, c’est bien avoir perdu l’espoir. On connaît nombre d’expressions telles que « en désespoir de cause… Un désespéré se suicide en… Perdre tout espoir… Tomber en désespoir… S’abandonner au désespoir…
    Et bien d’autres. Je crois que certains peuvent égarer leur Rollex sans être désespérés et garder espoir de la retrouver, d’aller en acheter une autre ou de s’en faire offrir. Il n’y aura pas mort d’hommes. Tous ceux qui perdent leur travail, tous les pauvres, tous les sans abris, ou tous les sans dents ne meurent pas forcément. Il y en a qui survivent, n’exagérons pas. S’ils perdent leur Rollex, c’est fâcheux, voire emmerdant parce qu’ils n’auront pas les moyens d’en racheter une autre. Et puis, ce ne peut pas être un autre pauvre qui la lui a volée. Un pauvre qui porte une Rollex, c’est louche, non? Enfin, on se demande bien pourquoi ces gens là sont désespérés! Il peuvent avoir l’espoir de toucher le chômage, de quémander un bon CCAS pour se rassasier, de trouver un foyer pour la nuit ou, avec un peu de chance, de trouver un dentier qu’un riche aurait perdu en riant de bonheur. Et puis, il y a de généreux commerçants qui se débarrassent de leurs cartons, même le dimanche maintenant. Les riches sortent leurs poubelles le soir. Les poubelliers les ramassent le matin. Voilà qui laisse la nuit pour faire les poubelles. Je ne vois pas là de quoi perdre espoir.
    Ah, si, peut-être! Ils ont perdu leur dignité. Perdre sa dignité c’est terrible parce que même chez Cartier, même à prix d’or, ils ne font pas cet article. Voilà de quoi désespérer. Là, c’est cette lacune qui peut entraîner mort d’homme. La dignité, ça se perd, ça se retrouve mais ça ne s’achète pas. Pas même au CAC 40! Parce qu’au CAC 40, la dignité, ça n’existe pas. Jamais entendu parler.
    Alors, il y a aussi la solution de placer son espoir en Dieu. Placer son espoir en Dieu, c’est humain, ça peut aider certains. Mais ça peut aussi mener au terrorisme. Les terroristes sont des êtres humains qui se sont déshumanisés. Dieu peut humaniser comme il peut déshumaniser. C’est beau Dieu. Quand je pense que ces deux frères terroristes qui ont vécu en Foyer de l’Enfance (quelque chose comme ça) ont certainement pu être beaux comme des Dieux. Mais qui leu leur a dit? Au CAC 40, pas de problème! Dieu est partout. Il porte le joli nom de FRIC. Il mène aussi au terrorisme. Mais il ne s’agit pas du même terrorisme.
    Avec le terrorisme boursier, pas besoin de Kalachnikov. Laissons cet engin pour la chaire à canons. Non, au CAC 40, surtout pas de sang! Mais des larmes oui! Non, c’est plus propre. On oblige tout le monde, (exception faite des riches), A SE SAIGNER AUX QUATRE VEINES. C’est pas con ça. C’est astucieux, c’est légal et ça passe bien dans les médias, ça pourrit notre cher planète . Oui, c’est du beau terrorisme. C’est d’autant plus beau que les pauvres se saignent aux quatre veines, eux-mêmes, jusqu’à en crever. Pas besoin de kalachnikov. Ces pauvres cons S’AUTOMUTILENT! A la corbeille, on n’égorge pas. On demande aux pauvres de mettre la main au panier, avec leur petits doigts gelés.
    Alors tu vois, Jean-Luc, tu as bien mis la main sur les terroristes. Et si tu ne possède pas pas le doigt de Dieu, tu parles de joie de vivre. Vite je fonce sur SolidaRtv pour reprendre espoir. Puis je cours à la mairie d’Yvetôt, au rassemblement, en mémoire de toutes les victimes des fous de Dieu.
    Si je choisi d’aller à Yvetôt, c’est que les petites villes ont le mérite de ne pas faire de complexe par rapport aux grandes, mais d’organiser,modestement et dignement, ces manifestations.
    Et puis, je ne risque pas de rencontrer ces politiques, ces chefs d’états et ministres complices du terrorisme financier.
    UTOPIE! Avant la Révolution française, il était évident que la création de la République pouvait s’appeler Utopie. Et pourtant, nos rois étaient rois de droit divin, le représentant de Dieu dans leur royaume. Il était impensable, au sens que, pour le peuple, il n’existait de représentation mentale qui puisse laisser imaginer que le peuple puisse destituer un roi et encore moins lui couper la tête. Chacun sa Terreur.
    Pourquoi, l’Utopie de construire un autre monde ne deviendrait-elle pas réalité? Ne désespérons pas.
    Vive la République. Mort aux cons. Et dieu dans tout ça?
    François

    1. « Et Dieu dans tout çà ? », François, c’est une bonne question. Car l’Utopie, si l’on veut bien oser y réfléchir jusqu’au bout, n’a pas forcément de limite. Et si elle n’en avait pas ?
      La réflexion, en général s’arrête là, parce que les religions ont toujours sur briser par le menu les rêves qu’elles sont censé promouvoir, d’une part, et que d’autre part, les athées ont tellement peur d’être déçus, qu’ils préfèrent dire que la vie est finie, pas infini, et que donc le monde est absurde.
      J’ai décidé de faire de l’Utopie un objectif et pas un rêve inaccessible. Tout est possible et ma vie a un sens, celui-là.

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