Tous les articles par Jean-Luc Varin

Pendant les élections, le chantier solidaire continue !

La campagne présidentielle bat son plein en ce début de printemps, et les législatives vont suivre, avec son flot de discours, d’affiches, de tracts, de réunions publiques, de conférences de presse, de meetings et de sondages. Les médias en parlent tous les jours, elle est dans toutes les conversations avec les amis, les collègues…

Et certains me disent que c’est folie de parler d’autre chose, de lancer en ce moment un nouveau site web, un nouveau média qui parlerait d’autre chose que de l’actualité du moment.

C’est oublier que, malheureusement, sur la moyenne des trois dernières élections (les Européennes de 2009, les Régionales de 2010 et les cantonales de 2011, source : ministère de l’Intérieur), les abstentionnistes étaient 48 %, le vote blanc représentait 2 % des suffrages exprimés, et 15 % des Français en âge de voter ne sont même pas inscrits sur les listes électorales. Soit 65 % de citoyens qui semblent se désintéresser totalement de la politique. Les élus qui nous représentent à Bruxelles et à Strasbourg, au Conseil Régional et au Conseil Général sont donc désignés par 35 % de la population ! Et cette proportion va en diminuant lentement mais sûrement depuis une quarantaine d’années.

Certes les élections présidentielle et municipales attirent davantage les foules, mais tout de même ! Sur les trois derniers scrutins, l’UMP, dont le pouvoir est énorme depuis 5 ans, est soutenu en réalité par 8 % de la population en âge de voter. Et si c’est le PS en mai prochain qui prend la place c’est qu’il aura gagné deux ou trois points de plus, guère davantage…

Pendant ce temps-là les jeunes et les seniors des quartiers, qui ne comptent que sur leurs propres forces, créent de l’activité comme ils peuvent. Les maires des communes rurales aident les plus démunis à ne pas sombrer, et cherchent des subventions pour construire des logements sociaux en centre bourg, sans consommer davantage de terres agricoles. Des salariés abandonnés par les fonds de pension propriétaires de leur entreprise pendant des années se demandent s’ils ne seraient pas capables de produire eux-mêmes en coopérative. Des retraités hébergent des africains pourchassés par les policiers chargés d’étanchéifier les frontières. Les syndicalistes résistent pour ne pas perdre pied sur le Droit du travail. Les travailleurs sociaux font ce qu’ils peuvent pour adoucir la misère, etc., etc. C’est difficile, mais les activités sociales et solidaires fonctionnent à plein régime, d’autant plus que l’Etat est de moins en moins providentiel.

Autrement dit, en attendant que les politiques se décident à reprendre le pouvoir pour mieux répartir l’énorme richesse que nous produisons tous les ans (1 000 milliards d’euros…), la société civile continue d’évoluer, de progresser, de produire l’essentiel : le lien social et la solidarité, l’innovation, le développement humain. C’est ce que nous voulons montrer avec SolidaiR’TV, et ce n’est pas à nous qu’il faut venir dire que ça ne sert à rien, parce que les élections… et patati et patata !

Vidéo : tout le monde peut se saisir de ce formidable outil de communication

On l’a bien vu, au cours des derniers mois : avec un simple téléphone portable et un envoi sur Internet, on peut, en quelques secondes, informer le monde entier sur un tsunami ou une révolution naissante. Tous les journaux, même papier, ont des sites web sur lesquels ils placent des informations complémentaires, en vidéo, souvent. Et les journaux sur le web, sur les dossiers importants, alternent écrit, sons, vidéos. Il n’est pas aujourd’hui un parti politique, une association pour le développement durable ou une entreprise un peu innovante qui ne mette sur son site une ou plusieurs videos.

Sans devenir une grââânde âgence multimédias, l’agence Traverse va plus loin que les généralistes Rue 89 ou Médiapart. Avec son nouveau complice, le vidéaste Michel Bisson, nous avons décidé de relancer Solidair’tv , une télé sur le web consacrée à l’actualité sociale et solidaire.
L’ébauche que nous venons de mettre en ligne est alléchante, prometteuse, avec une série de décryptages sur la reprise d’entreprises par leurs salariés, à commencer par la tentative de création de Scop par les salariés de SeaFrance dont on ne connaît toujours pas l’issue.

Surtout, la vraie nouveauté est ailleurs. A partir des ateliers populaires de vidéos dont je décris le projet dans la rubrique ci-contre Des outils pour l’animation démocratique locale, nous allons permettre aux internautes membres de SolidaiR’TV de s’exprimer sur leur vie quotidienne ou sur leurs rêves, leurs utopies, leurs envies, leurs relations, leurs galères ou leurs bonheurs. La vidéo est aussi un mode d’écriture, un outil d’éducation populaire  d’une colossale richesse, désormais à la portée de toutes les bonnes volontés.

Allez-y, c’est ici : http://www.solidair.tv  et c’est gratuit pour l’instant. Bientôt, nous vous expliquerons que la gratuité est un leurre et que 3 € par mois à quelques milliers, procurera une indépendance, une liberté fantastique à ceux qui ont investi autant de temps dans la naissance de cette nouvelle web tv.

On se retrouve le mois prochain. Promis !

Un avenir économe et paisible

Heureux de vous retrouver sur ce tout nouveau blog ! Il faut changer, dit-on, il faut évoluer, renouveler les formules, sous peine de lasser et finalement de disparaître… Et je n’ai pas envie de disparaître ! Donc me voici sous une forme nouvelle pour vous dire ce que devient ma petite entreprise, ses chantiers et ses projets, avec la dizaine de professionnelles (Pourquoi le masculin devait-il toujours l’emporter ?) qui travaillent avec moi, chacun dans sa spécialité. Et justement, mon réseau s’est enrichi ces dernières semaines de trois individus spécialistes de la vidéo, de la formation et du web. D’où des chantiers nouveaux dont je ne tarderai pas à vous parler…

Ce qui ne bougera pas, c’est ma détermination à travailler pour les secteurs public, social et solidaire. D’abord, parce que je ne sais pas faire autrement, ensuite, parce que l’actualité nous démontre tous les jours avec l’évidence du nez au milieu de la figure que la coopération produit plus de richesses (pécuniaires et humaines) que la prédation, qu’il ne faut surtout pas abandonner l’intérêt général aux intérêts particuliers, et que si l’on ne veut pas que la civilisation occidentale poursuive sa décadence, il faudra bien qu’un jour les produits intérieurs bruts reviennent principalement à ceux qui les ont produits…

Je ne suis pas un militant de ce que l’on appelle l’Economie sociale et solidaire. On trouve dans l’ESS à boire et manger, des mutuelles qui se prennent pour des compagnies d’assurance, des coopératives qui ne jouent pas le jeu démocratique avec les consommateurs, des “entrepreneurs sociaux” qui veulent surtout faire du chiffre et des souverains pontifes qui organisent entre eux des États Généraux un peu pour se faire plaisir

L’avenir de nos territoires se trouvent dans la coopération permanente entre la collectivité nationale ou décentralisée et les acteurs économiques de petite taille et de proximité qui produisent dans les territoires, sans faire fortune, juste pour bien vivre. Voilà les germes du monde futur, économe et paisible, que j’aide autant que je peux et que Social-Planet accueille pour nous nous reconnaissions, enfin, d’une même culture.